Je connaissais Jean-Claude de son compagnonnage avec Spy films.
Nous avons joué ensemble à deux reprises. Il jouait
comme si un impératif supérieur allait l’obliger
à quitter la pièce, aux deux sens du terme, dans laquelle
il se trouvait. C’était très intriguant de jouer
face à lui sans savoir si la scène irait à
son terme. Dans Oncle Vania de Pierre Léon il était
Vania et je jouais Astrov. Dans Saltimbank, je jouais un acteur
qui répétait péniblement Astrov, du fait des
conditions d’utilisation du théâtre où
avaient lieu les répétitions, occupé par deux
compagnies répétant chacune un spectacle, et d’un
metteur en scène particulièrement pénible.
A la fin d’une de mes scènes, Jean-Claude apparaissait
en Vania…
Le soir de l’hommage à Jean-Claude Biette à
la Cinémathèque française, quelques-uns des
acteurs du film étaient là, et Jeanne Balibar a évoqué
le luxe que représentait un film comme celui-là tourné
avec un metteur en scène comme lui. Le mot est juste, et
cette luxueuse liberté se fait rare …
Il n’a pas vu la sortie publique du film. Ses histoires, son
rire et son amitié me manquent… |