Mon premier film pour le cinéma, j'étais
très intimidé par les hurlements de Jean-Pierre Mocky
et ses « moteur ! » intempestifs qui à la longue
devenaient usants. Les techniciens m’avait surnommé
« le petit ». Pendant la scène du dîner
Mocky commence à me noyer sous des indications de plus en
plus contradictoires et antinomiques. J’étais liquéfié,
personne ne disait mot et je ne voyais aucune possibilité
de me sortir debout de cette avalanche d’indications aussi
hautement incompatibles, jusqu’à ce que Marie Laforet
perplexe devant tant d’acharnement, interpelle Mocky devant
l’ensemble du plateau lui demandant « toi qui est
si fort, montre nous ce que tu veux, parce que moi ce que tu lui
demandes je suis incapable de le faire… » fin de
la scéance de torture et au final Mocky me demande de jouer
la scène avec un cure-dents. Merci Marie. |