J’ai rencontré Nicolas à Richmond
en Virginie à l’occasion du French Film Festival organisé
par Peter et Françoise Kirkpatrick. Il présentait « Le
Convoyeur », j’accompagnais « Triple Agent ».
Nicolas avait manqué le film à Paris, il a eu le courage
de venir le voir à 8 h du matin un dimanche. Deux ans plus
tard il m’a proposé le rôle de Jérémy
dans Cortex et je n’ai pas résisté à la
proposition. Bonheur de bout en bout de faire ce film. C’est
la première fois que le miracle des « Bancs de Paris »
– six personnes pour faire le film, acteurs compris –
se reproduit à une échelle beaucoup plus importante.
Tous et toutes, et nous étions nombreux, acteurs comme techniciens,
faisions rigoureusement le même film. Nicolas Boukhrief a su
dès le départ créer une ambiance incroyablement
propice à cela, une troupe au sens noble du terme. Bonheur,
bonheur, bonheur…

Première fois aussi que je vois vraiment un producteur, en
l’occurrence une productrice, Sylvie Pialat, faire son travail,
et quel travail, avec autant d’efficacité, de simplicité
et d’amour du cinéma. Chapeau bas…
En plus, trois fées pour moi tout seul, enfin presque… :
Aurore Clément, Claude Perron, Laure Salama. Que du bonheur !
Voilà un film de genre particulièrement angoissant.
Tout est vu au travers du prisme de ce flic malade, et rien ne prouve
que ce qui est donné à voir soit vrai. Spectateur,
j’ai très vite eu l’impression de manquer d’air,
et c’est seulement au générique de fin que je
me suis autorisé à respirer à nouveau. C’est
brillant, intelligent et fichtrement anxiogène… |